Connexion utilisateur

Autostop organisé

Organiser l’autostop : une solution ?

Les expériences d’autostop organisé foisonnent dans plusieurs pays européens. Leur but est de sécuriser et d’amplifier les pratiques d’autostop libre afin d’en faire un mode de transport attractif et économique, en particulier en zone périurbaine. Conducteurs et passagers s’inscrivent dans un même réseau et reçoivent des signes de reconnaissance réciproques (carte, vignette, brassard, …). Des arrêts sont installés, souvent conjointement avec les cars scolaires. Les passagers y attendent les conducteurs. Le trajet est gratuit ou peu onéreux.

Nous présentons ici les résultats d’une étude que nous avons réalisée en 2014 sur cinq expériences en Belgique et en France. Cette enquête semble être une première car nous n’avons pas trouvé de travaux de recherche sur l’autostop organisé.

Nous avons recueilli plusieurs témoignages très positifs, notamment ceux de familles périurbaines qui ont renoncé à leur seconde voiture et qui utilisent l’autostop de façon quotidienne avec une ponctualité et une sécurité tout à fait impressionnantes. Les animateurs des réseaux évoquent des temps d'attente souvent inférieurs à 5 minutes. Nos propres tests ont été nettement moins bons mais ils n'ont pas été suffsamment rigoureux. Difficile de savoir ce qu'il en est car à ce jour (2017), aucun réseau ne publie ses tests, ce que nous regrettons beaucoup. A ce propos, voici nos propositions pour apprécier le succès d'un réseau d'autostop.

Nous pensons que les témoignages de réussites s’expliquent principalement par des effets de voisinage et des effets de boule de neige qui apparaissant lorsque des passagers s’habituent à lever le pouce et que des conducteurs s’habituent à les prendre.

Paradoxalement les témoignages recueillis et les tests que nous avons effectués s’apparentent le plus souvent à de l’autostop libre car les conducteurs qui s’arrêtent sont rarement inscrits dans les réseaux. Nos tests montrent qu’il y a en moyenne un  conducteur inscrit pour 360 voitures passant à un arrêt du réseau. Ce petit nombre vient de ce que les réseaux d’autostop n’ont touché en moyenne qu’un habitant sur cent dans les zones périurbaines étudiées. Dans le contexte de nos tests, il y avait six fois plus de chances d’être pris par un conducteur non inscrit (autostop libre) que de monter dans la voiture d’un conducteur inscrit (autostop organisé). Dans ce même contexte, il aurait fallu que 5% de la population soit inscrite pour garantir une ponctualité acceptable (moins de 15 minutes d’attente).

Pas encore une solution mais il y a des perspectives

Est-il possible d’inscrire 5% de la population ? Oui si l’on se réfère aux quelques communes pionnières qui ont atteint ce taux en périphérie de Bruxelles, de Liège ou de Toulouse. Dans ces communes, une promotion très intense a été faite sur une longue période (deux ans). Les méthodes de recrutement actuelles, employées dans les contextes actuels, pourraient donc probablement faire que l’autostop organisé devienne une alternative crédible à la voiture individuelle.

Une autre voie consisterait à promouvoir l'autostop organisé dans un premier temps en vue d'accoutumer les conducteurs à prendre les passagers qui lèvent le pouce, en espérant que la pratique de l'autostop libre se développe ensuite spontanément. On peut lire à ce propos notre étude de l'autostop libre (1 Mo).

Le plus difficile est de convaincre les passagers

Lors d'une enquête réalisée en 2017 par STOP Covoiturage au nord de Lyon, des conducteurs ont été interrogés au hasard au bord de la route. La moitié d'entre eux se sont déclarés prêts à embarquer des passagers dans un cadre d'autostop organisé, mais un quart seulement seraient prêts à devenir autostoppeurs. Lorsqu'il s'agira de passer des intentions aux actes, l'écart sera probablement bien plus grand car le choix du passager qui va lever le pouce engage bien plus que celui du conducteur qui va juste s'arrêter.

Pour aller plus loin

Voir le texte complet de notre étude de l'autostop organisé (0,6 Mo) et les résultats détaillés pour chacun des réseaux que nous avons étudiés :

 

... plus quelques autres expériences interrompues et une liste à peu près à jour des expériences françaises. Annick-Marie Bouchard présente une liste similaire sur son excellent site.