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Autostop organisé

Organiser l’autostop : une solution ?

Dans un réseau d’autostop organisé, les conducteurs et les passagers s’inscrivent et utilisent des signes de reconnaissance réciproques (carte, vignette, brassard, …). Des arrêts sont installés, souvent conjointement avec les cars scolaires. Les passagers y attendent les conducteurs. Le trajet est gratuit ou peu onéreux.

Nous avons réalisé en 2014 une étude fondée sur cinq réseaux en Belgique et en France avec des visites et des tests d'autostop  sur place. Cette enquête semble être une première car nous n’avons pas trouvé de travaux de recherche sur l’autostop organisé.

Nous avons recueilli plusieurs témoignages très positifs, notamment ceux de familles périurbaines qui ont renoncé à leur seconde voiture et qui utilisent l’autostop de façon quotidienne avec une ponctualité et une sécurité tout à fait impressionnantes. Les animateurs des réseaux évoquent des temps d'attente souvent inférieurs à 5 minutes. Nos propres tests ont été nettement moins bons. Difficile de savoir ce qu'il en est car à ce jour (2019) aucun réseau ne publie ses résultats, ce que nous regrettons beaucoup.

Paradoxalement les témoignages recueillis et les tests que nous avons effectués s’apparentent le plus souvent à de l’autostop libre car les conducteurs qui s’arrêtent sont rarement inscrits dans les réseaux. Nos avons constaté qu’il y a en moyenne un  conducteur inscrit pour 360 voitures passant à un arrêt du réseau. Ce petit nombre vient de ce que les réseaux d’autostop n’ont touché en moyenne qu’un habitant sur cent dans les zones périurbaines étudiées. Dans le contexte de nos tests, il y avait six fois plus de chances d’être pris par un conducteur non inscrit (autostop libre) que de monter dans la voiture d’un conducteur inscrit (autostop organisé). Dans ce même contexte, il aurait fallu que 5% de la population soit inscrite pour que l'autostop organisé tienne ses promesses : 5 minutes en moyenne pour embarquer avec un conducteur inscrit.

Pas encore une solution mais il y a des perspectives

Est-il possible d’inscrire 5% de la population dans un réseau d'autostop organisé ? Oui si l’on se réfère aux quelques communes pionnières qui ont atteint ce taux en périphérie de Bruxelles, de Liège ou de Toulouse. Dans ces communes, une promotion très intense a été faite sur une longue période (deux ans). Avec ces méthodes de recrutement l'attente moyenne pour embarquer avec un conducteur inscrit pourrait tomber à 5 minutes, au moins aux heures les plus actives de la journée, ce qui ferait de l’autostop organisé une alternative crédible à la voiture individuelle.

En plus des campagnes de recrutement dans les villages, on pourrait aussi recruter des conducteurs le long de la route avec le scénario suivant : un groupe de pionniers pratique l'autostop libre de façon intensive pendant plusieurs semaines ; les conducteurs s'habituent à voir des passagers et leur perception de l'autostop s'améliore ; les pionniers proposent aux conducteurs qui s'arrêtent de les inscrire dans le système ; on passe ainsi progressivement de l'autostop libre à l'autostop sécurisé. Ce scénario est décrit en détail dans la dernière étude fondée sur nos tests d'autostop.

Le plus difficile est de convaincre les passagers

Lors d'une enquête réalisée en 2017 par STOP-Covoiturage au nord de Lyon, des conducteurs ont été interrogés au hasard au bord de la route. La moitié d'entre eux se sont déclarés prêts à embarquer des passagers dans un cadre d'autostop organisé, mais un quart seulement seraient prêts à devenir autostoppeurs. Lorsqu'il s'agira de passer des intentions aux actes, l'écart sera probablement plus grand car les choix de la vie réelle engagent bien plus que les réponses à un questionnaire.

Pour aller plus loin

Voir notre étude sur l'autostop organisé et nos rapports d'enquête sur les réseaux que nous avons étudiés :

  • Bruxelles : VAP (le réseau n'existe plus)
  • Liège : Covoit'stop
  • Romans : VAP (le réseau n'existe plus)
  • Toulouse : RezoPouce (le réseau a été déloyé aux quatre coins de France)
  • Trento (Italie) : Jungo (le réseau n'existe plus)
  • Colmar : Transistop
  • Speicher (Allemagne) : le banc des passagers

 

... et une liste à peu près à jour des expériences françaises d'autostop organisé.

Annick-Marie Bouchard présente une liste similaire sur son excellent site.