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Covoiturages innovants

  • Avec le covoiturage dynamique, les passagers utilisent leur smartphone pour trouver un conducteur qui est déjà en route et qui va dans la direction souhaitée.
  • Sur une ligne de covoiturage, les passagers de rendent aux arrêts et attendent qu'un conducteur inscrit s'arrête.

 

Covoiturage dynamique en zone périurbaine : où va-t-on ?

Des dizaines d’innovateurs s’efforcent en ce moment de mettre les smartphones au service du covoiturage quotidien. Nous faisons une veille sur ces innovations et nous avons fait une première synthèse en 2016. Il nous est apparu que ces jeunes pousses fleurissaient dans les grandes métropoles et sur les grands axes. Nous n'en avons pas vu germer à la campagne parce que les innovateurs cherchent à constituter de grandes communautés virtuelles en attirant les utilisateurs un à un comme un commerçant attire ses clients. Or ce modèle est voué à l’échec dans les territoires peu denses car les flux de déplacements sont petits et éparpillés.

Problème supplémentaire : les applications numériques ont besoin d’un bon réseau de téléphonie mobile. Or les tests que nous avons faits en périphérie de Bourg sont mauvais : le taux d’échec va jusqu’à 25% et en cas de réussite le temps d’affichage de l’écran peut aller jusqu’à 30 secondes. On aurait besoin d’applications spécialement adaptées aux zones péri-urbaines et  fonctionnant avec très peu d’échanges de données.

Nous rêvons à un autre modèle d’innovation pour les zones périurbaines peu denses : faire émerger des petites communautés sociales et les fédérer autour de solutions de mobilité adaptées. Plutôt que des innovations numériques cherchant à susciter des interactions sociales, il faudrait des d’innovations sociales mobilisant des outils numériques adaptés.

Voir le texte complet de notre étude sur l'écomobilité numérique en zone périurbaine (2,4 Mo)

Lignes de covoiturage

Une ligne de covoiturage ressemble à une ligne d'autocars avec un itinéraire jalonné d'arrêts, sauf que la desserte est assurée par les automobilistes qui passent et qui prennent les passagers attendant aux arrêts. Nous pensons qu'une telle ligne peut offrir une alternative crédible à la voiture en solo si la rencontre conducteur-passager est sécurisée, si les arrêts sont de bonne qualité et si l'attente moyenne est de quelques minutes (15 minutes maximum). Bien que l'idée n'ait pas encore vraiment fait ses preuves, elle est à la mode. Elle est d'abord apparue en Suisse avec Taxito. D'autres formules de ce genre ont ensuite été testées : Covoit'ici et Fleetme. Deux systèmes s'en rapprochent : Ouihop depuis 2015 et Blablalines depuis 2017.

Il existe aussi des lignes d'autostop organisé, par exemple près d'Annecy, de Bourgoin et d'Ambérieu en Bugey

Taxito

Avec Taxito les arrêts de la ligne de covoiturage sont équipés de bornes et de panneaux lumineux interactifs. Le passager se rend à l’arrêt le plus proche. Il signale sa destination, soit à l'aide d'une application, soit par texto. La destination s’allume alors automatiquement sur le panneau pour que les conducteurs voient la demande. Lors de l'embarquement, le passager signale le numéro de la voiture par texto ou par l'intermédiaire de l'application. En Suisse, le prix du trajet est forfaitaire (2 €). Il est débité sur la facture de téléphone du passager et reversé pour moitié au conducteur et pour moitié à la société Taxito.

Depuis 2015, Taxito fonctionne avec succès sur des lignes reliant cinq villages suisses à la gare la plus proche. Le temps d'attente moyen est de 3 minutes. Les usagers utilisent majoritairement les textos. La fréquentation des transports publics a augmenté. Le Canton de Lucerne pévoit de déployer le service dans d'autres territoires.

Par ailleurs, une ligne franco-suisse a été créée entre Morteau et La Chaux de Fonds. A l'inverse des lignes suisses initiales, cette nouvelle ligne a été installée avec des financements publics.

Covoit'ici

Covoit'ici est le nom des lignes de covoiturage testées dans la périphérie ouest de Paris par la société Ecov. Les arrêts sont également équipés mais les bornes et les panneaux lumineux peuvent être séparés, ce qui permet de placer les panneaux en amont pour avertir les conduteurs à l'avance. Le passager et le conducteur peuvent s'inscrire à l'avance ou lors de la première utilisation. Les bornes ont une connexion internet et sont alimentées par l'éclairage public ou un panneau solaire. Elles affichent le temps d'attente estimé et délivrent un ticket (12 cts / km) que le passager remet au conducteur. Le conducteur est indemnisé (9 cts / km) en saisissant les références des tickets sur un site Internet.

En 2017, Ecov a installé une vingtaine d'arrêts dans l'ouest parisien et lance de nouvelles lignes à Tarare et Salon de Provence. Les lignes sont installées avec des financements publics.

Fleetme

Fleetme est le nom des lignes de covoiturage testées à Avignon et Auxerre par la société Transdev depuis 2016. La ligne de covoiturage se superpose à une ligne de transports urbains et utilise les mêmes arrêts. Il n'y a pas de bornes ni de panneaux interactifs. La mise en relation du passager et du conducteur se fait à l'aide d'une application. A chaque déplacement, le conducteur déclenche son trajet qui devient visible en temps réel pour les passagers. Le passager réserve jusqu'au dernier moment. Au moment de l’embarquement, le passager utilise son smartphone pour lire le QRCode du conducteur qui est collé sur le pare soleil de la voiture, ce qui enregistre le covoiturage. Une fois le covoiturage enregistré, le compte du passager est débité du prix d’un billet d’autocar (de 1 à 2 €). Le conducteur est indemnisé à chaque parcours de la ligne s'il a proposé un covoiturage, même s’il n’a trouvé aucun passager sur sa route. L’indemnité varie de 50 cts à 2 € par trajet selon les villes. Cela permet de recruter suffisamment de conducteurs et d'offrir un bon service. Le service est proposé à Grenoble depuis septembre 2017 sur une ligne périurbaine de 10 km avec une indemnité de 10 cts/km.

Le système est proposé aux collectivités et opérateurs de transport pour leur permettre de compléter, remplacer ou créer des lignes pour un coût réduit.

OuiHop

OuiHop est une application qui regroupe conducteurs et passagers sur les itinéraires qu'ils ont en commun. Le conducteur enregistre ses itinéraires habituels (départ, arrivée) et clique sur son itinéraire du jour au moment du départ. Son trajet est alors suivi en temps réel. Le passager voit tous les conducteurs qui s’approchent sur l'itinéraire, leur profil et leur position. Il en choisit un et envoie sa demande. Le conducteur est averti par une alerte sonore et son smartphone affiche le profil du passager, le lieu de prise en charge et la destination. Il accepte ou refuse. Le passager voit arriver le conducteur en temps réel sur son écran et lui fait signe. L’application demande une évaluation après chaque covoiturage. Le passager paie un abonnement symbolique de deux euros par mois et peut alors utiliser le service de façon illimitée. Le conducteur ne reçoit aucune indemnité financière. En revanche, à chaque fois qu'il parcourt la ligne en proposant un covoiturage, il cumule des points qui lui permettent d’obtenir des avantages tels que des bons de carburant, des réductions d'assurance auto ou des heures de location en autopartage.

Mi 2017 OuiHop compte  35 000 inscrits et 1 500 déplacements par jour. En Ile de France, Ouihop parvient à avoir 50 à 100 conducteurs circulant sur la même portion de route aux heures de pointe. Cependant, il ne s'agit pas à proprement parler de lignes de covoiturage et les arrêts ne sont pas matérialisés. Au départ, le système fonctionnait avec des lignes fixes mais la formule a été assouplie car les conducteurs acceptaient mal cette contrainte.

L’application a été soutenue par la Mairie de Paris, l'ADEME et d'autres partenaires. Le service a été ouvert en octobre 2015 sur quelques grands sites d'emploi en périphérie de Paris. A présent (fin 2017)  OuiHop va être mis à disposition des détenteurs du Passe Navigo (la carte de transports en Ile-de-France). D’autres sites sont maintenant desservis à Lyon et Nantes mais aucun en zone rurale. Dans les territoires peu denses, il faudrait probablement offrir des conditions plus attractives aux conducteurs pour atteindre la taille critique.

BlaBlaLines

BlaBlaLines regroupe les conducteurs et passagers selon des lignes qui se définissent progressivement dès qu'il y a un nombre suffisant de conducteurs effectuant le même trajet dans les deux sens. Le système comprend des points de rendez-vous matérialisées en bord de route et ambitionne de créer des lignes de covoiturage sur le modèle des transports en commun. Le passager fait sa demande sur l’application. Celle-ci recherche un conducteur, vérifie son accord et fait la mise en relation, y compris jusqu'au dernier moment. L'application détermine automatiquement un rendez-vous sur la route du conducteur, à l’heure de son passage, et au plus proche du passager. Dans la phase pilote actuelle (mi 2017), BlaBlaLines ne prend pas de commission. Pour la suite une formule d'abonnement est envisagée.

Comme son nom l'indique, l'application est proposée par Blablacar qui peut facilement s'appuyer sur l'importante communauté de covoitureurs qui a déjà été créée. Les premiers tests ont commencé entre Reims et Châlons-en-Champagne (45 km) et entre Toulouse et Montauban (54 km). De nouvelles lignes ont été ouvertes en région parisenne à l'automne 2017.

 

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