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Covoiturage à Bourg en Bresse

La plateforme de covoiturage n'a pas (encore ?) d'impact notable

Dans le bassin de vie de Bourg en Bresse, la grande majorité des kilomètres parcourus quotidiennement concernent la couronne des  10-30 km autour du centre ville. Est-ce qu’une plateforme de covoiturage peut faire la différence pour ces trajets relativement courts ? Blablacar offre de belles possibilités pour aller loin, et même pour aller à Lyon mais quasiment rien dans la couronne des 10-30 km.

Nous avons pu étudier la plateforme de covoiturage du Département, aujourd'hui regroupée avec celle de la Région. En 2014, la plateforme avait inscrit environ 1% de la population périurbaine de Bourg (soit environn 600 habitants) et les personnes inscrites proposaient environ 200 trajets dans la couronne des 10-30 km, avec des différences importantes selon les axes. En examinant en détail l’axe présentant le meilleur potentiel, notre étude a montré que l’on n’était pas très loin du seuil à partir duquel les possibilités d’appariement pourraient monter en flèche. Mais malheureusement ce seuil n'était atteint nulle part. Dans l'état actuel de la plateforme, nous pensons que les possibilités d'appariement (mêmes trajets aux mêmes heures) se limitent à quelques dizaines d’équipages dans toute la périphérie de la ville. Nous avons estimé que le nombre d'équipages constitués grâce à la plateforme est de l’ordre d’une ou deux dizaines.

La pratique du covoiturage périurbain est cependant bien plus importante. En effet la majorité des équipages se forment entre voisins ou collègues de travail sans passer par la plateforme, pour ne pas parler des nombreux covoiturages familiaux. Lorsque les équipages arrivent à se former, leur durée de vie est longue, les partenaires font facilement les petites concessions nécessaires et ne se lassent pas de voyager ensemble. Ce sont essentiellement les changements de lieu ou d’horaire de travail ou d’école qui mettent fin aux équipages.

À l’issue de notre étude, les interrogations subsistent sur ce qu’une plateforme de covoiturage peut changer dans les déplacements périurbains à courte distance. Par contre nos conclusions mitigées ne doivent pas être extrapolées au covoiturage à plus grande distance dont on sait qu’il fonctionne bien, y compris pour les déplacements quotidiens entre les grandes villes et leur périphérie plus lointaine.

Voir le texte complet de notre étude (0,6 Mo)

Quelles perspectives ?

Puisque les plateformes de covoiturage ne semblent pas faire leurs preuves sur des territoires comme les notres, nous proposons de tester, puis éventuellement de généraliser, un forme de covoiturage plus adaptée aux petites distances : les lignes de covoiturage instantané.

En parallèle, il est également possible d'encourager les pratiques de covoiturage qui fonctionnent déjà entre voisins et entre collègues de travail. Voici quelques bonnes idées :

  • à Bourg (fin 2017), la Ville réserve dix places de stationnement bien situées à des conduteurs qui s'engagent à covoiturer pour leurs trajets quotidiens
  • à Etrez, la société GRDF autorisait ses agents à rentrer chez eux avec leur voiture de service à condition de covoiturer mais cette pratique a du été arrêtée faue d'un cadre juridique approprié
  • à Journans (2017), une trentaine d'habitants ont accepté de figurer sur la liste de diffusion 'Pierre qui roule' afin de covoiturer un concitoyen momentanément incapable de conduire